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De quoi s'agit-il?
Les mutilations génitales féminines (MGF)
sont un terme générique pour désigner l'ablation
en tout ou en partie des parties génitales de la femme. Les
trois formes les plus répandues sont: l'ablation partielle
ou totale du clitoris (clitoridectomie); l'ablation du clitoris
et d'une partie ou de la totalité des petites lèvres
(excision); enfin, l'ablation de la totalité des parties
génitales externes, suivie de la suture d'une grande partie
de l'orifice vaginal (infibulation). Dans la majorité des
cas, ces opérations sont menées sans anesthésiant
et/ou médicament diminuant la douleur. Les mutilations génitales
féminines comportent d'énormes risques et conséquences
pour la santé, dont certains se font sentir immédiatement
alors que d'autres ne se manifestent que plus tard. Dans certains
cas, les MGF sont la principale cause de décès.
La
forme la plus courante de MGF est l'excision du clitoris et des
petites lèvres, soit 80 % des cas; la forme la plus
extrême, l'infibulation, soit 15 % de toutes les interventions.
Quelles
sont les conséquences sanitaires des MGF?
La santé doit être saisie
en tant que concept, défini par l'Organisation mondiale de
la santé 'OMS) non seulement comme l'absence de maladie,
mais encore comme une idée globale de bien-être. Les
conséquences sanitaires immédiates et à long
terme des mutilations génitales féminines varient
selon le type et la gravité de l'intervention:
- douleur
intense;
- choc;
- choc
psychologique en raison de la nature de l'opération;
- complications
durant la grossesse et l'accouchement; transmission possible
du virus d'immunodéficience humaine (VIH) due à
l'utilisation du même instrument pour plusieurs opérations;
- décès;
- les
mutilations génitales peuvent laisser une trace durable
dans la vie et l'esprit de la femme qui les ont subies. A plus
long terme, les femmes souffrent parfois d'un sentiment d'inachèvement,
d'anxiété et de dépression.
Où
ont-elles lieu?
D'après les estimations de
l'OMS, 130 millions de femmes et de fillettes dans le monde ont
subi des mutilations génitales, et deux millions courent
le risque chaque année d'être mutilées, ce qui
représente environ 6000 nouveaux cas par jour.
On
sait que les mutilations génitales féminines sont
pratiquées dans au moins vingt-cinq pays d'Afrique, dans
certaines régions d'Asie (Indonésie, Malaisie), au
Moyen-Orient (Yémen, Emirats arabes unis, Egypte) et dans
les pays industrialisés (Europe, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande,
USA), y compris dans les États membres de l'UE.
Pourquoi
cette pratique?
Les MGF existent depuis plus de 2000 ans. Parmi les raisons
invoquées:
- identification
avec le patrimoine culturel;
- initiation
des fillettes et passage au statut de femme;
-
intégration sociale;
- en
tant que gage de fertilité et de survie de l'enfant;
- l'exécution
de la mutilation confère un statut spécial;
- l'exécution
de la mutilation assure un revenu supplémentaire.
Quelles
sont les mesures prises?
Certaines
mesures ont été prises aux niveaux local, national,
européen et international.
Grâce
à l'immigration, beaucoup de femmes ont découvert
que toutes les femmes n'étaient pas mutilées. Bon
nombre d'associations, souvent créées par des femmes
ayant elles-mêmes souffert de mutilations, luttent à
différents niveaux, en essayant d'éviter la propagation
du phénomène à d'autres pays d'accueil ou dans
leur pays d'origine.
Des
leaders religieux ont décidé de se joindre au combat
pour enrayer cette pratique: ils se lancent dans des campagnes de
sensibilisation dans leur pays, en fournissant des informations
sur des solutions de rechange qui ne mettent pas en péril
la santé et la dignité des femmes.
Certains
pays ont introduit une législation qui interdit la pratique
des MGF.
Au
niveau européen, une Journée internationale contre
les MGF était organisée le 29 novembre au Parlement
européen, à l'initiative d'Emma Bonino, MPE. On a
demandé une résolution européenne établissant
un lien entre les MGF et l'asile. Parmi les autres mesures proposées,
citons encore:
- la
création d'un réseau pour combattre les MGF;
- la
proposition de mettre en évidence les MGF le 8 mars,
Journée internationale de la femme;
- des
mesures concrètes, c'est-à-dire: à l'unanimité,
la nécessité absolue de considérer les
mutilations génitales féminines comme un critère
de demande d'asile dans les pays européens.
Informations
supplémentaires
FGM Education and Networking Project: www.fgmnetwork.org
ICRH-International
Centre for Reproductive Health: www.icrh.org
GTZ-Deutsche
Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (EN, FR, DE): www.gtz.de/fgm/
Lectures
supplémentaires
Mon
Jardin dévasté par Mdm. Khadia Pinteon- Diallo
The Struggle against FGM : The European experience . Els
, Leye . International Centre of Reproductive Health (ICRH).
Proceedings of the expert meeting on FGM (Gand, Belgique, 5
7 nov. 1998)
Prevention of Female Circumcision. National Board of Health.
Denmark
UNFPAs approach to eradicating FGM (Fiche d'information
n° 1).
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