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De quoi s'agit-il?
Le viol de femmes civiles a été et est encore
utilisé comme tactique de guerre, afin de terroriser les
communautés civiles et/ou de procéder à une
«purification ethnique», un outil d'occupation ennemie,
un moyen de conquérir ou de se venger de l'adversaire, et
un mode de paiement des soldats. Cette stratégie est planifiée
et organisée avec la complicité de ceux qui sont censés
fournir une protection en temps de conflit armé.
Quelles
sont les conséquences?
Outre la brutalité et le traumatisme du viol lui-même,
qui entraîne souvent des dommages psychologiques permanents
chez la victime, l'agression sexuelle peut engendrer des blessures
physiques graves, une grossesse forcée, des maladies, et
même la mort. Toutes les victimes de viol et d'autres formes
de violence sexuelle souffrent d'un traumatisme psychologique et
ont presque toutes demandé un traitement médical pour
blessures physiques infligées pendant leur supplice.
Pourquoi
a-t-il lieu?
Pour punir, blesser ou intimider;
pour infliger la honte; pour des raisons sexo-spécifiques,
comme moyen de contrôler et de dominer la dignité des
femmes; lorsque les violeurs tentent de féconder leurs victimes
et les obligent à mener leurs grossesse à terme, pour
ajouter à la souffrance et à l'humiliation. Dans l'ex-Yougoslavie,
les violeurs narguaient les femmes en leur disant qu'ils les forceraient
à porter et à donner naissance à des enfants
serbes. Beaucoup de ces femmes ont accouché puis se sont
suicidées. En conséquence près de 3000 enfants
ont ainsi été abandonnés en ex-Yougoslavie.
Quelle
est l'étendue du problème?
De tous les abus commis en temps de guerre ou par les régimes
répressifs, le viol est surtout infligé aux femmes.
L'utilisation
manifeste du viol comme arme de guerre dans le conflit yougoslave
a permis d'attirer l'attention sur le problème, condamné
par la communauté internationale. L'engagement déclaré
des juges et du ministère public du tribunal des crimes de
guerre, à l'origine créé par les Nations unies
pour les crimes commis en ex-Yougoslavie, à poursuivre les
auteurs de viols en tant que crimes de guerre, marque un tournant
décisif. Fin 1994, l'ONU a étendu le mandat du tribunal
à l'enquête et aux poursuites des violations des lois
de la guerre, à la suite du génocide rwandais.
Le
Rwanda et la Yougoslavie ne sont certes pas les premiers et les
seuls pays où le viol ait été utilisé
comme tactique de guerre, ou sous les régimes répressifs.
On peut dire que partout où il y a conflit armé il
y a viol, mais il a fallu attendre le conflit yougoslave pour le
reconnaître.
En
outre, le viol a toujours été considéré
comme «une affaire privée». Plutôt qu'une
violation des droits humains et un outil de répression, il
a été perçu c'est d'ailleurs toujours
le cas dans certains pays comme «une réalité
inévitable» de la guerre. C'est ainsi que les auteurs
savent qu'ils seront impunis.
Le
viol n'est ni accidentel, ni privé. Il a une fonction stratégique
et fonctionne comme un outil pour atteindre des objectifs spécifiques
et militaires.
Quelles
sont les mesures prises?
Selon le Tribunal pénal international (TPI), et pour
la première fois, le VIOL est explicitement reconnu comme
un crime de guerre (art.8) ,
un crime contre l'humanité
(art. 7) et, par le biais d'une déclaration explicite
dans les commentaires, comme un génocide
(art.6 ).
Information
supplémentaire
www.hrw.org
(Human Rigths Watch)
www.amnesty.org
(Amnesty International)
www.womenlobby.org
(Lobby européen des femmes)
www.v-day.org
V-Day (contre le viol).
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