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Déclaration de presse de Hellen Felter, membre du conseil
d'administration du LEF à l'occasion du lancement de la Campagne
Si
je m'adresse à vous aujourd'hui au nom du Lobby européen
des femmes (LEF), la plus grande coalition d'organisations de femmes
dans l'UE, c'est pour demander le droit d'asile pour les femmes
sur le plan individuel. A un moment où la plupart des Etats
membres de l'UE doivent faire face à une augmentation du
nombre de femmes et d'hommes demandeurs d'asile, nous saluons l'initiative
de la Commission européenne, qui a lancé le débat
sur des normes et des procédures communes en matière
d'asile.
Nous
sommes ici pour nous joindre au débat et notre campagne «La
persécution nest pas neutre» constitue
un premier pas en direction d'un dialogue avec les institutions
communautaires et les femmes et les hommes en Europe qui veulent
soutenir une politique d'asile juste et sensible à la dimension
de genre. Notre message est simple:
les femmes sont elles aussi des demandeurs d'asile, et en tant que
femmes, elles ont le droit de le demander en leur nom propre.
Le
Lobby européen des femmes défend l'idée que
la persécution, la violence sexuelle et les autres formes
de violations des droits humains que subissent les femmes constituent
une base légitime à l'introduction d'une demande d'asile.
En outre, nous pensons que l'UE a le devoir de montrer l'exemple,
en protégeant les droits humains des femmes grâce à
une politique européenne en matière d'asile.
Pendant
trop longtemps, la tradition et la culture ont été
invoquées pour justifier et excuser des pratiques qui foulaient
aux pieds l'intégrité des femmes et des fillettes.
Dans certains pays, on procède aux mutilations génitales
des petites filles quelques jours seulement après leur naissance.
Dans d'autres, les femmes sont lapidées sur une simple présomption
d'adultère; les communautés font pression pour «sauver
l'honneur» de la famille, en tuant les membres coupables,
ceux qui ont le moins de valeur, entendez les femmes.
Pour
certaines femmes, la violence sexuelle est le lot quotidien, passé
sous silence. Nous savons désormais, grâce aux multiples
témoignages, que le viol est une arme de guerre systématiquement
utilisée en période de troubles. Cessons d'avancer
des excuses et appelons ces actes par leur nom : torture et
persécutions à l'encontre des femmes.
L'expérience
de la persécution diffère selon que l'on soit une
femme ou un homme. Alors que les médias et la presse montrent
la détresse, l'anxiété, la peur et les coûts
humains de la guerre et du déplacement par le biais d'images
de femmes et de leur double responsabilité au niveau de la
garde et de la protection des enfants, les responsables politiques
ont été lents à reconnaître que les femmes
sont également des demandeuses d'asile, des candidates au
statut de réfugiée à part entière.
Nous
devons créer un environnement dans lequel les femmes se sentent
en sécurité et libres de demander asile. Souvent accompagnée
d'enfants de tous âges qui ressentent autant la peur, l'insécurité
et l'anxiété qu'elle, ignorant de quoi demain sera
fait, comment peut-on s'attendre à ce qu'une femme parle
librement de son expérience du viol ou de toute autre violation
à un responsable dont la première préoccupation
est de vérifier si elle dit la vérité? Et si
sa famille et ceux qui l'accompagnent n'avaient pas connaissance
du viol? Et si le responsable n'avait jamais entendu parler de «persécution
sexiste»?
Qui
dit asile dit protection des femmes, des hommes et des enfants face
à la persécution et à la violence dans leurs
pays. Les gouvernements européens ont le devoir d'étendre
cette protection aux demandeurs d'asile légitimes. Nous,
femmes d'Europe, en solidarité avec les autres femmes du
monde, exigeons que l'UE montre l'exemple en élaborant une
politique d'asile grâce à laquelle les femmes demandeuses
d'asile pourront trouver protection et sécurité dans
tous les Etats membres de l'UE, sur la base de la torture et de
la persécution qu'elles ont endurées simplement parce
qu'elles sont des femmes.
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